Kinshasa, 10 septembre 2026 — La deuxième séance de la Quinzaine citoyenne autour du Manifeste de Kasangulu s'est tenue le jeudi 10 septembre 2026 à la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, à Kinshasa.
La rencontre a été modérée par Me Patient Bashombe Matabishi et a réuni plusieurs acteurs de la société civile autour de la situation des populations vivant dans les zones affectées ou sous occupation, ainsi que des enjeux liés à l'unité, à la souveraineté et à la cohésion nationale.
Les échanges ont notamment porté sur les conséquences des conflits sur les populations civiles : déplacements forcés, insécurité, vulnérabilité des familles, accès limité aux soins de santé, à l'alimentation et à l'éducation, ainsi que protection insuffisante des droits des personnes déplacées.
L'actualité récente a également été évoquée, notamment l'incendie survenu dans la commune de Kadutu, au quartier Cimpunda, à Bukavu, qui aurait fait 29 victimes parmi les élèves. Ce drame a rappelé la nécessité d'une réponse publique plus efficace face aux risques auxquels sont exposées les populations civiles.
Les participants ont souligné que la crise dans l'Est de la République démocratique du Congo ne pouvait être abordée uniquement sous l'angle militaire. Elle comporte également des dimensions humanitaires, sociales, éducatives, institutionnelles et citoyennes.
Une attention particulière a été accordée à la situation des victimes et à leur place dans le Dialogue national. Les échanges ont insisté sur la nécessité de prendre en compte la justice, la réparation et la participation des populations affectées, afin que le Dialogue ne se limite pas à des arrangements entre acteurs politiques.
Au cours de la séance, plusieurs intervenants ont appelé la société civile à rester indépendante, pragmatique et fidèle à sa mission. Elle doit pouvoir dialoguer avec les institutions sans perdre sa liberté d'analyse, tout en formulant des propositions concrètes et en assurant le suivi des engagements publics.
La nécessité de renforcer la résilience des populations vivant dans les territoires occupés ou affectés par les conflits a également été soulignée. Les participants ont appelé à la diffusion de messages de solidarité et d'encouragement afin d'éviter que les populations concernées ne se sentent abandonnées.
La séance a enfin permis de poursuivre la réflexion autour du Manifeste de Kasangulu, notamment sur les valeurs d'unité nationale, de souveraineté, de cohésion sociale et de responsabilité citoyenne.
À travers cette Quinzaine citoyenne, la société civile entend contribuer à une réflexion nationale fondée sur l'écoute des populations, la documentation des réalités vécues et la formulation de recommandations en faveur de la paix, de la justice et de la refondation de l'État.